Ce phénomène n'est pas un hasard, ni une fatalité, mais tout simplement une conséquence.
Pour corriger ce comportement qui est lourd de sens il faut que la République prenne un certain nombre de mesures. Il faut, ici comme ailleurs, qu'une véritable volonté politique s'inscrivant
dans le temps, s'exprime et se mette en place.
A mes yeux elle s'appuie sur 3 volets essentiels.
Le premier d'entre eux c'est celui de l'éducation, et il est fondamental.
Une étude sortie il y a plus de 40 ans nous a démontré, preuves à l'appui, que les chiffres sont implacables.
Statistiquement parlant il est apparu qu'à l'entrée dans le primaire, aux exceptions près, l'avenir scolaire d'un enfant est déjà établi.
Les jeux sont déjà faits pour les uns comme pour les autres, marqués fortement par le milieu, la géographie, la situation sociale et la situation économique.
Dans un pays où la réussite scolaire détermine dans la quasi totalité des cas, la réussite professionnelle, cette vérité des faits est cinglante.
Pour tenter de corriger cette situation, et au lieu d'écouter et d'appliquer les recomandations des sociologues, nos politiques scolaires ont choisi la massification à tout va qui a conduit au
désastre auquel nous assistons actuellement.
Le niveau est dégradé, les fondamentaux sont bradés, nos jeunes n'ont pas l'éducation qu'ils méritent, ni dans les familles, ni dans le process scolaire.
Tout cela a un nom : le gâchis!
La recomandation central des dits sociologues, qui n'a pas été suivi d'effet, c'était de scolariser les enfants plus jeunes afin de lutter pendant qu'il en était temps contre l'échec scolaire,
c'est à dire avant 6 ans.
Or nos dirigeants n'ont ni décidé qu'il fallait mettre en place une structure et des pédagogies à développer sur le plan national, ni décidé que l'école devait être obligatoire plus tôt,
vraisemblablement vers l'age de 3 ans.
Tout cela est facultatif et relève du hasard, c'est à dire de l'inégalité... alors que la devise républicaine s'appuie sur le tryptique " liberté, égalité, fraternité".
L'une des mesures phares pour lutter contre l'abstention consiste à organiser au niveau du pays un service scolaire adapté et obligatoire pour les enfants de 3 à 6 ans, ce qu'avait d'ailleurs
proposé la candidate socialiste aux précedentes présidentielles, Ségolène Royal.
Cette étude sociologique a d'ailleurs été récemment réactualisé et les conclusions sont les mêmes...en pire.
40 ans de perdu, 40 ans de gâchis, vous ne trouvez pas que cela fait beaucoup ?
Bien entendu, à coté de cette mesure phare, d'autres dispositifs doivent être mis en place tout au long de la scolarité.
La formation citoyenne doit devenir un pilier de la formation de nos enfants et elle doit viser à leur donner une bonne connaissances de nos institutions, du fonctionnement de celles-ci et des
enjeux citoyens qui en découlent.
Le coéficient de cette discipline doit être suffisamment fort pour qu'il soit attractif afin que jeunes et parents soient incités à la mettre à la place qui lui revient dans la formation d'un
"honnête homme".
C'est ainsi que l'on redressera dans le temps les comportements citoyens et qu'une part grandissante de nos concitoyens viendra exprimer ses choix lors des consultations électorales.
On verra également un retour du politique dans la vie de ce pays.
Les partis ne seront plus ultra minoritaires, les syndicats non plus.
Les conditions d'une pratique démocratique seront à nouveau libérées et la République, comme les citoyens ne s'en porteront que mieux.
C'est un investissement à long terme, mais il n'y a pas d'autre choix et, s'il avait été fait il y a 40 ans, nous n'en serions pas là.
Dans son projet de société la gauche doit s'engager dans cette voie et en faire la pédagogie auprès de l'opinion qui veut enfin de vraies solutions, chaque parent comprenant au fond de lui même
qu'une formation au rabais n'assure pas l'ascenceur social et qu'au contraire elle est un facteur d'inégalité sociale encore plus insuportable.