Partager l'article ! Une respectabilité trompeuse...et dangereuse: D'aucuns laissent entendre que le temps est venu de considérer que les frontistes constituent un ...
D'aucuns laissent entendre que le temps est venu de considérer que les frontistes constituent un parti respectable, d'autant plus respectable que le lifting imposé par la fille de son père aurait gommé les choses qui fächent.
En réalité il n'en n'est rien !
Ce gommage ne correspond qu'à une stratégie pour mieux tromper l'opinion publique, mieux l'abuser pour faire monter un vote de protestation.
Pour cela il faut évidemment faire monter la fibre ultra-nationaliste, le rejet du monde qui change, la haine de l'étranger et la nostalgie des temps anciens en prenant en otage une population qui souffre de plus en plus de la crise, exploitée, pillée, humiliée par les nantis que constituent le cercle des amis du petit nicolas dont la responsabilité dans cette affaire n'est pas mince.
La démagogie, le populisme outrancier et simpliste par définition, la xénophobie vulgaire, oui tout est bon pour tromper ces pauvres gens.
Qu'ils prennent la peine de découvrir les intentions véritables de l'extrême droite française, qu'ils les décortiquent, qu'ils les analyses et ils comprendront alors à quelle sauce ils seraient dévorés, tout cru, si par malheur ces gens là venaient au pouvoir.
Je ne comprend pas d'ailleurs pourquoi les partis politiques républicains ne mettent pas en place une sorte de club républicain d'analyse pour décrypter les intentions réelles des frontistes et les expliquer aux électeurs afin de les démystifier une fois pour toutes.
les moyens, les spécialistes et les médias ne manquent pas pour mener à bien ce salutaire travail d'utilité civique.
Vous trouverez ci-dessous comme exemple une reflexion publiée dans Rue89.
Faites de la pédagogie, soyez clair et pédagogiques pour dissiper les fausses idées vert de gris qui risquent de détourner le véritable débat.
Nous avons tous le droit, et les gens du peuple en particulier , de savoir ce que l'extrême droite a en réalité l'intention de faire dans son projet de hold-up de la République.
Mais lisez donc :
Depuis ce fameux sondage donnant les fascistes français présents au second tour de l'élection présidentielle je me promettais d'aller faire un tour sur leur site. J'hésitais cependant, comme on le ferait à proximité d'un cloaque. J'y suis allé. C'est la raison pour laquelle je viens d'écrire le mot fasciste.
Je sais bien que de nombreux spécialistes ont de bonnes raisons de ne pas qualifier ainsi un parti qui se dit pourtant national ce qui constitue une première connivence avec les deux exemples historiques de fascisme assumé, celui de Mussolini et celui de José Antonio Primo de Rivera en Espagne.
Cependant, au retour de ma pérégrination dans ce programme, et particulièrement dans les chapitres traitant de l'école et de la jeunesse, ma conviction est mieux assurée : il s'agit bien d'un programme fasciste. Tout y est, non pas en un bloc doctrinal compact, mais disséminé dans les différentes occurrences envisagées.
Tout, mais particulièrement ce qui constitue les fondements mêmes communs aux deux fascismes historiques : la nation donc (Mussolini), que l'on dit parfois patrie (José Antonio) ; l'Etat fort et l'autorité consubstantielle.
Enfin, mais ce n'est pas tout, nous allons le voir, la désignation d'un ennemi et la dramatisation de la lutte contre cet ennemi – le communisme dans la première moitié du siècle dernier ; l'immigration aujourd'hui, qui, obsessivement, revient dans tous les chapitres du programme.
Voyons maintenant ce qu'il en est de l'éducation. On ne s'étonne nullement d'y trouver la solution aux maux que sont l'absentéisme, la violence, la « baisse du niveau », l'indiscipline… La solution est, bien sûr, l'autorité. L'autorité est bonne à tout et d'abord à combattre « les ravages du pédagogisme et de l'égalitarisme qui ont transformé l'école en “ lieu de vie ” et les professeurs en “ animateurs sociaux ” ». On connaît l'antienne.
L'autorité est bonne à punir les familles incapables de « tenir » leurs enfants et l'on sait bien quelles sont ces familles. L'autorité, encore, pour mieux surveiller les enseignants (en multipliant par cinq le nombre des inspecteurs ! ) ; l'autorité, toujours, pour en finir avec « le criminel [en toutes lettres, ndlr] objectif des 80% d'une classe d'âge au bac » ; et bien sûr l'autorité pour combattre « l'influence grandissante des groupes de pression islamistes sur la vie quotidienne des enfants ».
Mais aussi l'autorité pour en finir avec les « heures de vie de classe » et imposer partout le B.A-BA (méthode fondée sur l'argument d'autorité : c'est comme ça parce que ce n'est pas autrement), pour imposer le mérite et la récompense, la valeur du travail et la discipline et comme ce ne sera sans doute pas suffisant, l'autorité pour abaisser la majorité pénale à 10 ans (13 actuellement) et, pure logique, le rétablissement de la peine de mort.
Enfin l'autorité pour en finir avec la « politisation des manuels scolaires » et une « histoire de France trop réduite à des épisodes “ honteux ” [bien noter les guillemets], l'esclavage, la collaboration ou la torture en Algérie ». Et pour ce qui est de la culture, voici l'identité nationale et le rayonnement de la France, et tout le nationalisme que l'on voudra comme l'indique l'intitulé même de ce parti dont il ne fait plus de doute qu'il est fasciste.
Car le nationalisme était le fondement même du fascisme italien qui en outre, et cela est à retenir, a cherché, recherché un soutien populaire et, à ses débuts, mimé pour cela une démarche démocratique sans se priver pour autant de manier les notions de patriotisme, de rénovation nationale, d'autorité et d'obéissance et de grandeur.
Ce que José Antonio en Espagne disait ainsi dans son propre programme : « Nous croyons en la suprême réalité de l'Espagne. Travailler à sa grandeur constitue le devoir collectif de tous les Espagnols » ou encore « L'Espagne est une unité de destin dans l'universel », ce que les fascistes français disent ainsi dans leur programme de politique étrangère :
« En défendant notre identité nous défendons par la même occasion celle de toutes les nations. »
Nous savons maintenant que le fascisme de Mussolini comme le syndicalisme vertical (étatisé) de José Antonio proclamaient leur souci de changer la société pour le plus grand bien du peuple, des catégories populaires, dit-on aujourd'hui, et nous savons qu'ils sont tombés l'un dans les bras d'Hitler, l'autre dans ceux de Franco.
Il faut donc prendre très au sérieux le fascisme français qui veut supprimer « les heures de vie de classe » dans les écoles, qui veut punir les parents les plus démunis en supprimant leurs allocations, en les enfonçant dans la misère, qui veut faire surveiller les enseignants par toujours plus d'inspecteurs et rendre pénalement responsable un enfant de 10 ans, qui veut faire de l'école l'inverse d'un lieu de vie : un lieu de « mort ».
Malgré mon peu de sympathie pour la stalinienne que fut Dolores Ibarruri dite La Pasionaria je lui reconnais son sens de la formule et je crois qu'il est opportun aujourd'hui, alors que le fascisme menace, de lui emprunter, pour le faire vivre, son célèbre : « No pasarán ! »
Illustration : capture d'écran de la page éducation et formation du site du Front national.
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